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La Riviera albanaise par la route : de Vlorë à Ksamil en quatre jours

La SH8, le long de la côte sud de l’Albanie, est l’une des grandes routes d’Europe. Où s’arrêter, quand venir, et le col de montagne qu’il ne faut pas éviter par le tunnel.

onesim team

La route côtière au-dessus de Dhërmi, sur la Riviera albanaise
Photo : Albinfo / Wikimedia Commons (CC BY 4.0)

La SH8 descend la côte sud de l’Albanie de Vlorë à Sarandë, franchit en chemin un col de montagne à mille mètres, et plonge à travers une pinède sur un littoral qui ressemblait à cela en Grèce il y a quarante ans.

Elle fait environ 120 kilomètres. Ne la faites pas en une journée.

Y aller en 2026

Historiquement, il y avait deux façons d’arriver : prendre l’avion pour Tirana et rouler trois à quatre heures vers le sud, ou prendre l’avion pour Corfou et le ferry jusqu’à Sarandë, qui met entre une demi-heure et 70 minutes selon le bateau et vous dépose à l’extrémité sud de la côte.

La troisième option est nouvelle. L’aéroport international de Vlora se trouve à l’extrémité nord de la Riviera, avec une piste de 3,2 km, et des vols commerciaux y ont été annoncés pour l’été 2026 — Chair Airlines a indiqué qu’elle relierait Zurich à Vlora à partir du 26 juin. La presse locale s’est montrée plus sceptique, la date d’ouverture ayant été repoussée plusieurs fois pendant les travaux.

Une voiture de location est quasi indispensable. La côte est desservie par des minibus furgon et des bus d’été, mais ils relient les villes plutôt que les plages, et la moitié des bons arrêts de cet itinéraire ne sont pas des villes.

Jour un : Vlorë, puis le col de Llogara

Vlorë est une ville qui travaille, avec un long front de mer, l’endroit où l’Albanie a déclaré son indépendance en 1912, et le début de la route. Déjeunez, voyez le monument de l’Indépendance, et partez.

Au sud de la ville, la route commence à grimper le col de Llogara — des lacets jusqu’à un peu plus de mille mètres, avec la mer Ionienne qui apparaît en contrebas à la descente. Ce sont les vingt plus belles minutes de conduite du pays.

Un tunnel passe désormais sous le col, plus rapide et plus ennuyeux. Prenez l’ancienne route par le haut, sauf si le temps est mauvais. Il y a un parc national au sommet, deux ou trois restaurants qui grillent l’agneau, et des parapentes qui décollent de la crête quand les conditions s’y prêtent.

Dormez à Dhërmi ou à Drymades, au bas de la descente.

Jour deux : Dhërmi, Gjipe et Himarë

Dhërmi a la longue plage de galets et la plupart des bars ; Drymades, à dix minutes au nord, a les pins qui descendent jusqu’à l’eau et se révèle plus calme. Le vieux village de Dhërmi, sur la colline de l’autre côté de la route principale, est un hameau de pierre avec des églises du XIIe siècle et environ un dixième des visiteurs.

Gjipe est celle qui vaut l’effort : une plage à l’embouchure d’un canyon, accessible par une piste défoncée puis vingt minutes de marche en descente, ou en bateau depuis Dhërmi. Le canyon derrière se remonte sur un kilomètre environ par temps sec.

Continuez jusqu’à Himarë pour la nuit. La ville a un vrai port, un vieux village couronné d’un château au-dessus, et la plage de Livadhi, la plus propice à la baignade sur cette portion de côte.

Jour trois : de Porto Palermo à Borsh

Au sud de Himarë, la route est taillée dans la falaise et chaque virage est une photo. Porto Palermo a un château triangulaire sur une langue de terre dans une baie — associé à Ali Pacha, puis base de sous-marins pendant la guerre froide, dont le tunnel est encore visible dans la roche.

Borsh revendique la plus longue plage d’Albanie, plusieurs kilomètres, adossée à l’une des plus grandes oliveraies du pays.

Terminez à Sarandë, la ville la plus grande et la plus animée de la côte, face à Corfou de l’autre côté du détroit, et là où l’on mange les meilleurs produits de la mer de l’itinéraire.

Jour quatre : Butrint, l’Œil bleu, Ksamil

Butrint, à 18 km au sud de Sarandë, est un site du patrimoine mondial de l’UNESCO et une ville grecque et romaine entière dans une lagune : un théâtre, un baptistère à mosaïques, un château vénitien sur la colline et un petit bac à voitures qui fonctionne encore à la chaîne. Venez tôt ; c’est calme avant dix heures et chaud après onze.

Ksamil, entre les deux, est la célèbre — sable blanc, eau turquoise, petites îles que l’on rejoint à la nage ou à pied. En juillet et en août, c’est absolument plein et une grande partie de la plage est occupée par des transats payants. En juin et en septembre, c’est l’image de la carte postale.

À l’intérieur des terres, à une demi-heure de Sarandë, l’Œil bleu (Syri i Kaltër) est une source karstique qui fait remonter l’eau par un entonnoir d’un bleu profond dont personne n’a jamais atteint le fond. La baignade est officiellement interdite ; les gens s’y baignent quand même, brièvement, parce que l’eau est à 10 °C environ.

Si vous avez un cinquième jour, bifurquez vers l’intérieur jusqu’à Gjirokastër — une ville ottomane classée à l’UNESCO, faite de maisons à toits de pierre empilées sur un versant sous une forteresse, et la plus belle étape de l’arrière-pays du Sud.

Notes de conduite

La SH8 est goudronnée sur toute sa longueur et en bon état dans l’ensemble, mais c’est une route de montagne : des épingles, pas de glissière par endroits, et des conducteurs qui doublent avec plus d’optimisme que vous n’en avez l’habitude. Ne la faites pas de nuit la première fois.

Les stations-service sont nombreuses sur les portions plates et rares sur le col. Faites le plein à Vlorë, puis de nouveau à Himarë.

Le stationnement aux plages fréquentées coûte en général quelques centaines de leks à un habitant muni d’un badge. C’est normal, ce n’est pas une arnaque.

L’argent, les saisons, et quand ne pas venir

L’Albanie utilise le lek. Les euros sont acceptés dans les zones touristiques à un taux qui favorise toujours celui qui les accepte : payez en leks quand vous le pouvez. Les distributeurs prélèvent des frais par retrait, alors retirez plus à la fois. La carte passe dans les hôtels et les grands restaurants ; les bars de plage et les petites maisons d’hôtes se règlent en liquide.

Août est l’erreur. La diaspora rentre, les Albanais prennent leurs vacances, et les prix doublent à peu près pendant que les plages se remplissent. Juin et septembre offrent la même météo avec moitié moins de monde, et la mer est la plus chaude en septembre.

Sources et pour aller plus loin

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